• Flash Back

    Ce texte, extrait du livre d'Erwan Larher,

    "Ce Livre que je ne voulais pas écrire"

    est le reflet exact de ce que j'ai vécu il y a quelques dizaines d'années....

    Je voulais vous le faire partager....

     

     

     

    Flash Back

    Flash BackFlash Back

     

     

     

     

    "Tu écoutes du rock. Du rock barbelé de guitares et de colère. Depuis la préadolescence.

    Môme, il te fallait une autorisation paternelle avant de te servir de la chaîne stéréo.

    Inépuisable enchantement : le petit levier à pousser pour faire décoller le bras, qui porte en son extrémité la tête de lecture,

    tête que tu places , en fermant un œil pour plus de précision, au dessus du bord du vinyle

      "le plateau s'est mis à tourner",

    puis fais descendre, toujours à l'aide du petit levier,

    il s'agit de ne pas rater son coup, jusqu'à ce que le saphir se pose en craquotant sur le 33 tours.

    Quelques secondes et le salon vibre d'une énergie magique,

    qui t'enlace comme si la musique t'était immanente et que les grandes enceintes fabriquées par ton père se contentaient de la révéler.

     

    La cassette de Léonard Cohen, le double rouge et le double bleu des Beatles, le Köln Concert un peu usé aux coins, objets sacrés.

    Tu émerges à peine de l'enfance quand s'ouvre la bande FM.

    Tout devient accessible soudain.

    Tu enregistres (il faut appuyer sur play et record à la fois)

    Alain Bashung et Depeche Mode, Police et Kim Wilde, les Stray Cats et des groupes inconnus sur des radios locales.

    C'est du punk.

    Le verdict de David Imbert est sans appel.

    Tu as douze ans, lui quatorze. Votre 4em B est en classe verte du côté de Chamonix.

    Tu viens de faire écouter à David ton titre préféré de ton dernier patchwork musical, enregistré sur une BASF  Chrome 90 minutes.

    Les 120 minutes sont trop fragiles et la bande s'emmêle souvent, les 60 minutes trop courtes pour caser un album sur une seule face

    (ainsi il te manquera longtemps sur l'une d'elles la fin d'une chanson des Sex Pistols,

    que tu seras tout étonné des années plus tard d'entendre en entier, habitué que tu étais à ce qu'elle s'interrompît au milieu d'un refrain.

     

    En général tu reportes sur la jaquette de la cassette le titre du morceau et le nom du groupe, mais parfois l'animateur ne les donne pas ;

    d'autres fois tu notes à la volée ce que tu entends, Original Sin par Inek 16,

    groupe dont  tu n'as jamais trouvé aucun album dans les supermarchés où tu suivais ta mère

    dans l'espoir qu'elle fléchirait devant ton insistance -allez, steuplaît m'man, juste un 45 tours"...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Pin It

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :