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    Dans le film, ils portent respectivement les noms Okyesa et Tsali Fournier.

    Dans la vraie vie, ils s'appellent Okwari et Shahi Yena Fortin.

     

    A l'époque, Xavier Fortin, rebaptisé Philippe Fournier, alias Paco,

    avait été condamné à deux ans de prison dont deux mois ferme

    pour n'avoir pas respecté la décision de justice qui accordait la garde de ses fils à sa compagne.

    Cette dernière ayant retiré sa plainte sous la pression des deux enfants, il était ressorti libre du tribunal.

     

     

     

     

    Philippe Fournier, dit Paco, décide de ne pas ramener ses fils de 6 et 7  ans à leur mère qui en avait obtenu la garde.

    Enfants puis adolescents, Okyesa et Tsali Fournier vont rester cachés sous différentes identités.

    Greniers, mas,caravanes, communautés sont autant de refuges qui leur permettront de vivre avec  leur père,

    en communion avec la nature et les animaux.

    Traqués par la police et recherchés sans relâche  par leur mère,

    ils découvrent le danger, la peur et le manque mais aussi la solidarité des amis rencontrés sur leur chemin,

    le bonheur d'une vie hors système : nomades et libres.

    Une cavale de onze ans à travers la France qui va  forger leur identité.

     

     

     

     

     

    AUJOURDHUI

     

     

    Grandir loin du monde moderne n'a pas fait d'eux des inadaptés sociaux.

     

    Sereins, souriants, malicieux, drôles : ils donnent le sentiment d'avoir trouvé leur équilibre et semblent en très bonne forme.

    Shani Yena et Okwari ont des téléphones portables, des ordinateurs, des petites amies,

    surtout, depuis bientôt six ans, des papiers d'identité à leurs noms, un numéro de Sécurité sociale,

    le permis de conduire et leur vie au grand jour.

    Celle-ci est restée en harmonie avec la nature et les animaux.

    Ils ont 24 et 22 ans.

    Entre ces deux frères, un lien d'une force inouïe, permanente, indestructible.

     

     

    En 2009, les enfants de la cavale venaient tout juste de sortir de l'ombre.

    Onze ans d'une vie semi-clandestine, semi-nomade, avec leur père, Xavier Fortin,

    qui les conduisit dans le Gers, l'Ardèche, la Haute-Garonne, le Vaucluse et les Cévennes.

    Shani Yena avait 18 ans, Okwari, 17.

     

     

     

     

    Aujourd'hui Shahi Yena

    vit entre un petit appartement dans un village des Cévennes "avec Internet et un peu plus de confort"

    et une yourte "solaire" qu'il a érigée sur un bout du terrain de sept hectares appartenant à son père.

    Shahi Yena sait tout faire de ses mains : taille de pierre, maçonnerie, couverture, charpente.

    La yourte est entourée d'un jardin qu'il cultive.

    "Là je me sens bien, à ma place."

    Il élève des animaux d'onement qu'il vend à des particuliers, fait commerce d'objets d'antiquité qu'il chine dans la région.

    Il pratique les arts martiaux "comme une recherche sur soi-même",

    a intégré une troupe équestre, il joue des percussions et de la flûte traversière indienne.

     

     

    Okwari

    a passé ses diplômes en attelage. Il participe à des spectacles équestres et a appris à dresser les chevaux.

    Okwari a maintenant le projet d'une ferme pédagogique itinérante.

     

    Une ferme pédagogique, leur père en a créée une il y a trois ans à l'endroit où il demeure aujourd'hui, dans les Cévennes.

    Il s'est réinstallé sur ce terrain où toute la famille a passé ensemble les "années heureuses", avant la séparation des parents.

    Le terrain a été laissé onze ans à l'abandon.

    Des enfants viennent désormais ici découvrir la nature, le cycle des animaux et des plantes.

    C'est un lieu de transmission et de partage.

     

     

    SOURCE : PARIS MATCH - LE PARISIEN.

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Dans une population de macaques,

    on constate que 15 à 20 % sont extrêmement réactifs,

    ils sursautent au moindre bruit, s'affolent pour un rien et agressent par crainte.

     

    On observe que, dès leur naissance, 

    ils manifestent un tempérament hypersensible qui trouble les interactions avec leurs compagnons et avec leur mère.

    Toujours collés contre son corps, ils tètent plus longtemps que les autres petits,

    ce qui bloque l'ovulation de la femelle.

    Cette anti conception naturelle retarde la naissance du bébé suivant

    et permet au petit hypersensible d'accaparer sa mère beaucoup plus longtemps.

    Mais ce n'est pas une bonne affaire, car cet hyper attachement anxieux diminue les apprentissages du petit craintif.

    Il explore peu, joue mal et n'apprend pas les rituels d'interaction.

    Ces petits timides se socialisent difficilement,

    ils restent en périphérie du groupe et ressentent toute invitation au jeu comme une agression.

    Ils se réfugient à toute allure dans le giron de leur mère,

    se blottissent et la mordent, révélant ainsi un attachement ambivalent qui donne à la moindre rencontre, une connotation de conflit.

    Tous les indices de stress sont augmentés :

    accélération du cœur, alerte électrique cérébrale, désorganisation des phases de sommeil...

    La dyade mère-enfant fonctionne mal : la mère est prisonnière d'un tel petit qui s'attache trop

    et l'enfant, fasciné, se socialise mal parce qu'il ne peut la quitter.

     

    SOURCE : Boris Cyrulnik

    Mourir de Dire - biologie de la honte.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Etre indépendant, faire ce que l'on veut, ne rien devoir à personne

     

    Une illustration parfaite de cette réflexion quand j'aperçois mon homme et ses deux beaux frères,

    trois hommes dans leur trentaine,

    plantés là, sur une plage de la mer du nord, une pelle à la main, un môme dans l'autre.

    Le tableau aurait pu être touchant, s'ils ne fixaient avec jalousie,

    la nuée de kitesurfeurs qui les provoquent par des sauts de quinze mètres de haut, vingt de long.

    Ces sauts sont à la mesure de leur dépit ;

    celui d'être restés sur le rivage à construire des châteaux de sable

    que leur armée d'enfants en pleine période sadique s'amuse à détruire avec délectation.

     

     

    Le kite est passé si près,

    Le groupe, maintenant rejoint par les épouses et les enfants,

    acclame la prouesse technique et la beauté d'un saut.

     

    Un jeune surfeur blond et sculpté fait son "schow" devant la foule, fier de lui.

    Quelle légèreté ! Quelle force ! Quelle liberté ! Quel homme !

    Au dernier passage, il lâche sa voile d'une main pour saluer ces dames et donner du rêve aux enfants.

    C'est le coup de grâce. Il vient de mettre à terre nos trois mâles :

    la liberté effrontée du jeune homme vient de l'emporter haut la main sur la paternité.

     

    La liberté. Surtout être libre, comme ce kitesurfeur.

     

    Monsieur se fait plaisir pendant que sa mère et sa copine sirotent un cocktail tout en photographiant leur micro caniche.

    Ne pas s'engager, ne pas se lier à quoi ou qui que ce soit

    de peur que soit compromise sa liberté, et  finir comme un con sur la plage à faire des pâtés..."

     

    Thérèse Hargot

    "Une jeunesse sexuellement libérée."

     

     

     

     

     

     

     

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    "Est ce que maman porte des robes à paillettes, elle ?

    Non les femmes aujourd'hui elles portent des... Des ... ? Des jeans !

    Alors tu vas te changer et mettre le tien.

    Quoi ? J'en ai mis une l'autre soir ?

    Ah, mais ce n'est pas pareil, ça ma chérie. C'était pour aller en boîte, euh, au bal, un grand bal !

    Un jour toi aussi tu iras au bal avec tes amis, mais là, on va au supermarché,

    donc si tu peux aller te changer maintenant, ce serait bien... "

    disent les jeunes mères d'une douce et belle voix pour masquer comme elles peuvent leur agacement

    et se faire comprendre par la petite princesse en face d'elles.

     

     

    Dis, papa, est ce que tu m'aimes ?

     

    Dans le fond, qu'Est-ce qu'elle attend la fille de cinq ans qui déboule avec sa robe rose bonbon dans le salon ?

    Est-ce que ses parents se sont au moins posé la question ?

    Derrière cet accoutrement ridicule, elle désire secrètement une seule et unique chose ;

    la même d'ailleurs que sa mère quand celle ci s'habille pour sortir.

    Elle cherche le regard.

    Le regard de qui ?

    Elle cherche le regard de l'homme de sa vie, son père en l'occurrence,

    ou de celui qui le remplace symboliquement dans ce rôle.

     

    C'est de lui qu'elle attend une reconnaissance.

    Les paroles du père résonnent différemment parce qu'il représente le pôle extérieur

    et sort l'enfant de la relation fusionnelle qu'il entretient avec sa mère.

    Elle veut qu'il lève les yeux de son portable et qu'il lui dise :

    "Comme tu es belle ma princesse ! Un jour tu seras reine !

    Les princes des royaumes aux alentours vont vouloir affronter tous les dangers pour te conquérir !"

    Ce qui signifie en langage psychologique :

    "Tu es une personne unique, tu as une responsabilité à exercer dans la société,

    tu mérites qu'on se batte pour toi, tu mérites d'être aimée pour ce que tu es."

     

    Derrière le déguisement se cache un enjeu fondamental :

    la confirmation de son identité.

     

    THERESE HARGOT

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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