• "C'est pour ton bien"

     

     

     

    Le gouvernement de la République islamique des Comores, en Afrique orientale,

    a indiqué, dans une lettre à la Commission onusienne des droits de l'enfant,

    qu'il envisage d'interdire les châtiments corporels,

    afin de défendre les droits de l'enfant à une enfance sans torture

    (Rapport de l'ONU, Commission des droits de l'enfant,12 août 2000).

    A la différence de nombreux textes où les choses sont présentées sous un jour édulcoré,

    cette lettre décrit avec une étonnante franchise les pratiques qui ont cours dans certaines écoles coraniques

    et montre clairement combien la religion sert de prétexte au sadisme des enseignants.

     

    Pour la moindre faute,

    les enfants sont férocement fouettés et, de surcroît, humiliés d'une façon qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer.

    Après leur avoir donné le fouet, on les plonge dans une cuve remplie d'orties.

    Ou bien, on arrose leur corps demi-nu sous le soleil brûlant d'une solution sucrée, afin que les insectes se posent sur leur peau.

    Après quoi, pour leur faire honte publiquement, on les oblige à parcourir les rues en clamant leur forfait.

     

    A la différence des adultes qui survivent à la torture,

    les enfants humiliés ne racontent pas ce qu'on leur a infligé : ils ont trop honte.

    Peut-être leur mémoire consciente  réussit-elle même à oublier leur martyre, en tout cas ces tourments seront refoulés.

    Mais la mémoire du corps en a conservé chaque détail, et plus tard leur comportement en fournira la preuve.

    Comme on les a persuadés que ces impitoyables pratiques punitives étaient justes et la volonté de Dieu, ils pourront se venger sans remords.

    Vingt ans plus tard, certains enseigneront à leur tour dans des écoles coraniques

    et ils feront subir les mêmes supplices à leurs élèves ainsi qu'à leurs propres enfants.

    Et ils seront hautement considérés par la société : ils passeront pour des hommes pieux, remplissant leur devoir.

     

    C'est ainsi que naît le sadisme, sous couvert de piété.

    Les maîtres en question ne sont pas nés sadiques, ils ont appris à l'école, ou peut-être plus tôt encore, à la maison, à prendre plaisir à la cruauté.

    Et on leur a toujours affirmé : "C'est pour ton bien".

    Ainsi désinformés dès leur tendre enfance

    ils se conduiront (à quelques rares exceptions près) de manière que leurs élèves subissent le même sort.

     

    SOURCE

    LIBRES DE SAVOIR - ALICE MILLER

     

     

     

     

     

     

     

     

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